D'ARTHUR RIMBAUD AU HAÏKU

Anthologie verlaine rimbaud

 D’ARTHUR RIMBAUD AU HAÏKU

Article paru dans
  
Verlaine Rimbaud, Anthologie de poètes contemporains
Éditions Thierry Sajat, juillet 2026, 431 p.

 Suivi de La palette des voyelles en 5 haïkus, pp.116-118. 

 

En préambule
Dès l’enfance, la poésie a accompagné ma route. Le poème d’Arthur Rimbaud Alchimie du verbe m’envoûtait : « J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges » et les tercets des Effarés m’enchantaient ! C’est ainsi que, plus tard, m’est venue l’envie d’écrire des haïkus. Ce poème bref, à la fois profond et léger, me semblait être le chemin idéal à explorer sur les traces du poète "aux semelles de vent".


*****

D’ARTHUR RIMBAUD AU HAÏKU
 

Ma vie
je la porte à mes talons
semelles de vent*

La poésie m'accompagne sur la route de la vie. Je garde en mémoire certains textes dont ceux du poète Arthur Rimbaud. Ils sont à l'origine de mon intérêt pour la poésie, et plus tard pour le haïku. Dès l’enfance, je trouvais source d’inspiration dans ses poèmes :

J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable.
Je fixais des vertiges.

(Une saison en enfer - l'Alchimie du verbe)

Le haïku est tellement léger et aérien qu'il nous met sur les traces du poète "aux semelles de vent", comme l'appelait Verlaine, et en situation d’être « mangeur d'air, de vent, des sons » :

Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.
Si j'ai du goût, ce n'est guère
Que pour la terre et les pierres
Dinn ! dinn ! dinn ! dinn! je pais l'air
Le roc, les Terres, le fer.


(Fêtes de la faim)

Nés de notes rapides, souvent de simples mots fixés sur des feuilles volantes ou imprimées dans ma mémoire, puis retranscrites, mes haïkus, ont, à chaque halte et escale, rejoint des carnets, recueils, anthologies. Ils sont porteurs des émotions fugaces surgies au long des chemins, au gré des rencontres, au fil des saisons, bref au fil du temps. Ma voix, à travers eux, cherche à entrer en résonnance avec celle, si singulière, du haïku, La brièveté du poème comme réponse à la brièveté de la vie et du bonheur.

J'ai vite compris en relisant ces mots de Rimbaud "Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées" que mes poches étaient aussi trouées. Pour conserver mes textes, il fallait les publier sur internet et les faire éditer, d'où certains projets éditoriaux, avec deux écrivains, poètes et éditeurs, Thierry Sajat et Yoland Simon.

Habiter la poésie, la maison du haïku précisément, c'est habiter mille maisons et mille jardins, emprunter mille chemins et parcourir l'univers. Il suffit d'ouvrir les yeux sur notre monde, de l’infiniment petit au vaste Univers. Empreint de dit et de non-dit, le quotidien, le banal, devient non-banal et donc unique, et en ce sens, le haïku n’a-t-il pas un parfum rimbaldien ?

Rideaux blancs d’écume
il passe par la fenêtre
le vent du large*

*Haïkus extraits du recueil Lucarnes (Éditions Sajat)

 

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