LE DÉBUT

 

Ma vie
je la porte à mes talons
semelles de vent


Extrait de Lucarnes

Cheval blancAquarelle de Jacqueline Giran - Chevaux au vent

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La poésie et la philosophie m'accompagnent sur la route de la vie. Je garde en tête et dans les petites poches des sacs qui sont mes fidèles compagnons, du cartable au sac de voyage, quelques textes dont ceux du poète Arthur Rimbaud et du philosophe Gaston Bachelard. L'un et l'autre sont à l'origine de mon intérêt pour la poésie, et plus tardivement pour le haïku.

Nés de notes rapides, souvent de simples mots fixés sur des feuilles volantes ou imprimées dans ma mémoire, puis retranscrites, ces haïkus, ont, à chaque halte et escale, rejoint des carnets papier et maintenant souvent numériques.

Ma voix cherche à entrer en résonnance avec celle, si singulière, du haïku, au fil de mots porteurs des émotions et des pensées fugaces surgies au long des chemins, au gré des rencontres, au fil des saisons, bref, au fil du temps.

La brièveté du poème comme réponse à la brièveté de la vie et du bonheur.

J'ai vite compris en relisant ces mots de Rimbaud "Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées" que mes poches étaient aussi trouées ! Pour ne plus les perdre, il fallait les publier sur internet et les faire éditer, d'où ce site, d'où certains projets éditoriaux.

De la philosophie à la poésie , il n'y avait qu'un pas, et c'est Bachelard qui m'a aidée à le franchir. N'écrit-il pas que le poète est en quelque sorte supérieur au philosophe ?

Les mots — je l'imagine souvent — sont de petites maisons, avec cave et grenier... Monter et descendre, dans les mots mêmes, c'est la vie du poète. Monter trop haut, descendre trop bas est permis au poète qui joint le terrestre à l'aérien. Seul le philosophe sera-t-il condamné par ses pairs à vivre toujours au rez-de-chaussée ?
Gaston Bachelard "La Poétique de l'espace"

Habiter la poésie, la maison du haïku précisément, c'est habiter mille maisons et mille jardins, emprunter mille chemins et parcourir l'univers. Le voyage poétique permet d'emporter  toujours avec soi des feuilles et des "plumes" (crayon, stylo, portable, tablette...) et d'habiter ses carnets comme autant de petites maisons. Il suffit d'ouvrir les yeux à travers les petites fenêtres de nos yeux, de notre esprit, de notre âme.
Et c'est ainsi que - tout naturellement - mon premier recueil de haïkus s'est intitulé...
 Lucarnes...

 

Si possible, le but n'est-il pas de suivre les traces d'Arthur Rimbaud dans Une saison en enfer - l'Alchimie du verbe :
 

J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable.
Je fixais des vertiges.

 

Le haïku, par essence, est tellement aérien qu'il nous met dans la situation poétique revendiquée (et assumée) par Arthur Rimbaud d'être le poète "aux semelles de vent", comme l'appelait Verlaine, et le mangeur d'air , de vent, des sons... (Fêtes de la faim):

 

Ma faim, Anne, Anne,
Fuis sur ton âne.

Si j'ai du goût, ce n'est guères
Que pour la terre et les pierres
Dinn ! dinn ! dinn ! dinn! je pais l'air
Le roc, les Terres, le fer...

../...

 

 

Commentaires (1)

Minik do
Qu'il est beau votre site !

Vous me donnez envie de lire Bachelard et de relire Rimbaud...
Cordialement.

Dominique

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