DES IRIS SUR UN TOIT

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HAÏKUS LAURÉATS

LUCARNES

REFLETS SUR LA ROUTE

RECUEILS COLLECTIFS

 

 

Prix scasnCe recueil a reçu le "Prix de poésie" de la Société Centrale d'Agriculture de la Seine-Maritime lors de sa session bisannuelle des prix littéraires 2016/2017, session Paul Milot.


Voir commentaires du jury ci-après.
Des iris


Ce troisième recueil de haïkus est dédié à la Normandie, région où j'ai habité pendant vingt-cinq ans. Il a été publié en octobre 2016, aux Éditions de l'Aiguille, à Étretat et lancé lors du Salon des écrivains normands, en septembre 2016, sur les quais de Rouen.
Cette série de "haïkus normands" est une invitation à partir à la découverte des lieux et milieux dont la diversité et la beauté m'ont émerveillée, de la Côte d’Albâtre au Mont-Saint-Michel, des quais du Havre à la Hague de Jacques Prévert, des jardins de Giverny aux planches de Deauville...Ils sont les reflets d'impressions fugitives, d'émotions souvent instantanées dont je souhaite conserver une trace durable, et cela d'autant plus que j'ai quitté la Région normande au cours de l'année 2017. Voir
Cheminement

L'ouvrage comporte 84 pages avec 168 haïkus répartis en 8 chapitres : le ciel, la mer, la terre, les chemins, les falaises, les jardins, les rivages, les villages.

Le poète et président de l'Académie de la poésie française Thierry Sajat a bien voulu en rédiger la préface (voir ci-après).

 

Préface de Thierry Sajat

Dans ce nouvel ouvrage Des iris sur un toit qui nous fait découvrir cet art de la poésie japonaise, les haïkus d’Anne Brousmiche traduisent les lieux et milieux normands qui sont une véritable source d’inspiration.

J’apprécie cette approche thématique de la nature qu’évoque avec soin l’auteur : les villages, les falaises,  les animaux…,  la pluie dont on entend dans les cinq premières syllabes d’un haïku la Sonate d’automne… comme cinq gouttes d’eau.

Anne Brousmiche nous entraîne dans ce beau pays où elle habite en faisant découvrir, tout d’abord, sur le toit d’une chaumière un lit bleu d’iris…. Nous suivons sur les pages, en toute simplicité, un chemin qui semble ordonner le cycle des saisons, de la Côte d’Albâtre au Mont Saint-Michel, de la cour d’école à la gare d’antan, toujours entre terre, ciel, et mer, en passant par le jardin de Monet.

Le regard poétique d’Anne pénètre l’intimité des paysages normands. Elle nous révèle leur beauté à la fois universelle et changeante selon les instants, en quelques mots qui semblent naître d’un coup d’œil furtif, d’une inspiration toujours nouvelle, sous sa plume. La Normandie favorise aussi en poésie une expression « impressionniste »…

Un merveilleux moment d’harmonie, une émotion d’images brèves exprimant l’esprit de cette poésie d’origine nippone par le subtil mélange de sa forme classique d’une strophe unique en 17 syllabes (et son architecture  en 5-7-5 syllabes), et d’une forme libre, qui ponctue tout à fait l’accent de ce recueil.
 

Commentaires du jury, présentés par M.Bernard Boullard

 

Comme l'horticulture a pu s'enrichir d'importations d'Extrème-Orient pour le plaisir des yeux, la poésie de Mme Anne Brousmiche a su s'inspirer de curieux apports japonais pour le plaisir de l'oreille ! Poésies ultracondensées, 17 syllabes en principe ! Le haïku est une réelle jonglerie avec les mots et leurs sons et, ma foi, Mme Brousmiche vous y excellez.

À la lecture du premier haïku...on sursaute, mais en arrivant au dernier on trépigne de satisfaction. Vous maniez la subtilité, vous excitez la curiosité, Madame, et même parfois, vous nous poussez à déchiffrer le mystère des mots :

Trous dans le grillage
des liserons prennent
la clé des champs

 

 

Sables mouvants
le Mont-Saint-Michel pose
la tête à l'envers

 

 

Bus de ramassage
une moisson de fous rires
en toutes saisons

 

Le vent sème
des fleurs d'écume
sur les flots gris

 

Fête de Sainte Anne
au jardin fleurissent
des Coeurs de Marie

 


EXTRAITS

 

Chaumière au soleil
elle berce sur son toit
un lit bleu d'iris

 

Ancienne école
dans le petit encrier blanc
un jardin de violettes

 

Par-dessus la baie
le Mont-Saint-Michel salue
le Mont Fugi

 

Premiers nids
les falaises fleuries
de plumes blanches

 

L’air chaud du soir
les étoiles prennent
un bain de mer

 

Chapelle en ruine
des campanules bleues
sonnent l’angélus


Pas un nuage
le ciel mis à nu
grelotte au vent

 

Brume de mer
les mouettes se contentent
de miettes de soleil


Finies les vacances
se pressant de rentrer
un petit nuage

 

Au ras du sol
deux moissonneuses-batteuses
en ordre de bataille

 

Longue journée
le soleil fait une pause
sur le champ de blé

 

Cap à l’ouest
deux petits phoques pointent
un bout de nez

 

Pré en bord de mer
deux moutons se disputent
le carré avec vue

 

Se trompant de bleu
un papillon file
vers un champ de lin

 

Chemin de cailloux
cassant net
le galop d’un cheval

 

Course à pied
l’applaudissement
des coquelicots

 

Migration d’été
réfugié dans l’impasse
un essaim d’abeilles


Grandes marées
la falaise s’échappe
vers le ciel

 

PRESSE & WEB

 

ASSOCIATION FRANCOPHONE DU HAÏKU
Revue GONG n° 54 - janvier/mars 2017, p.44.

L'auteure, qui vit en Seine-Maritime, nous propose un ensemble de haïkus écrits et édités dans sa région. En épigraphe, trois citations de Bashô, Jacottet et Bonnefoy annoncent une ambiance exigeante. Les poèmes sont accordés selon huit parties du paysage : le Ciel, la Mer, la Terre, les Chemins, les Falaises, les Jardins, les Rivages, les Villages. Ce sont donc des haïkus de plein air, de randonnée.
 

Finies les vacances
se pressant de rentrer
un petit nuage

 

Mer déchaînée
au creux des vagues affleurent
les souvenirs

 

La journée sauvée
par la grâce
d'une mouette

 

S'ouvrant au soleil
la gorge profonde
d'un pré

Sentier à l'ombre
les taches se déplacent
sur le dos des vaches

 

L'appel d'une cloche
accélère la chute
des feuilles

 

Dans ces pages flottent un appel à la balade, ou pour mieux dire au ginko. N'hésitez pas ! Allez écrire en Normandie ! Thierry Sajat, en préface, indique :" La Normandie favorise en poésie une expression impressionniste."
 

ASSOCIATION POUR LA PROMOTION DU HAÏKU

La Lettre du haïku

Article de Marie-Noëlle Hôpital 
Dans un nouveau recueil de haïkus publié aux éditions de l’Aiguille  (collection  Poésie), Anne BROUSMICHE évoque avec bonheur  la province normande où elle habite. Les poèmes s’apparentent à la peinture  impressionniste qui sut si bien capter les ciels changeants de ce pays, les horizons irisés, les lumières tamisées, les floraisons vives, les voiles brumeux , les marées fougueuses, les falaises de craie, les campagnes bocagères, les routes d’où l’on regarde les vaches se prélasser, et les fermes aux toits de chaume.
Les haïkus d’Anne BROUSMICHE campent  une nature qui n’a guère changé depuis le XIXe siècle. Les traits dominants du climat normand apparaissent d’emblée avec son « brouillard tenace », son « nuage gagnant », et surtout avec la pluie, qui s’invite si souvent dans la région : jour de pluie/ à peine levé/ le soleil se recouche.  La pluie, et son chant « toujours recommencé » : sonate d’automne/ la pluie refait le crépi/ d’un mur de brique.

La Manche, omniprésente, mouvante, parfois bruyante, est célébrée avec force : mer déferlante/ les vocalises du vent/ sur les galets, tout comme les rivages, plages et falaises. Ces dernières demeurent  une source d’inspiration picturale et poétique inépuisable. On les voit  tour à tour « chaussée(s)  de bottes d’écume », laiteuses/ absorbées par/ le clair de lune,  ou bien ensoleillées : entre les arches/ les rayons de soleil jouent/ à saute-mouton, à moins qu’un arc-en-ciel n’enjambe les falaises d’Étretat. On songe aux tableaux de Monet, mais peu à peu les éléments  grignotent aujourd’hui la craie : Un hiver de trop/ la falaise recule/ de plusieurs pieds.

Ni la terre fertile - ses immenses champs de blé et de lin -,  ni les pommiers, ni les maisons à colombages, ni la Seine au tracé sinueux, ne sont oubliés ; surgissent des paysages bucoliques : chemin creux/ la douceur d’un lit/ d’herbes fraîchesCependant, les silhouettes contemporaines des éoliennes imposent leur présence agressive, et l’agriculture s’avère lourdement mécanisée : Au ras du sol / deux moissonneuses-batteuses/ en ordre de bataille.

Du Mont-Saint-Michel au Havre, de Deauville à Etretat, de Varengeville à Giverny, la Normandie est là, dans sa diversité géographique, maritime, côtière, campagnarde,  et  sa météorologie capricieuse, ses éclairages  contrastés. Une allusion ramène à son histoire tourmentée : D-Day/ la douceur de l’ombre/ fleurie de croix blanches.

 

Une nostalgie plus intime affleure parfois : ancienne école/ dans le petit encrier blanc/ un jardin de violettes. A la fin du livre, les traces humaines s’esquissent dans les villages, discrètes : sur les cheveux des amis/ la neige est restée. L’émotion sourd fugacement de l’évocation du  passé ( Gare d’antan, Plages du Débarquement… )  dans l’éphémère instant du haïku.En guise d’épilogue, je citerai un poème à la saveur proustienne, où la clarté d’une lanterne émerge d’une brume mystérieuse : Lanterne dans la brume/ à la recherche/ du temps perdu ?

L'ESCALE DU HAÏKU

Note de lecture par Jean-Louis Chartrain
publiée dans Facebook - janvier 2017

Jour de pluie
à peine levé
le soleil se recouche

 

La journée sauvée
par la grâce
d’une mouette

 

Avec Des iris sur un toit, son 3ème recueil, Anne Brousmiche nous parle de sa Normandie qu’elle évoque au long de ces 87 pages, à travers 168 textes en 8 parties.

1- Le Ciel / Les ciels

2- La Mer / La Manche

3- La Terre / La campagne

4- Les Chemins / Au cycle des saisons

5- Les Falaises / Des pieds aux cimes

6- Les Jardins / De petits mondes

7- Les Rivages / De long en large

8- Les Villages / D’un printemps à l’autre

Temps des semis
les rayons de soleil creusent
les premiers sillons

 

Temps de juin
le ciel envie l’azur
des champs de lin

 

La succession de ces parties nous entraîne dans la visite des différentes composantes du paysage normand dont Anne Brousmiche désire nous faire partager les charmes.

Sentier à l’ombre
les taches se déplacent
sur le dos des vaches

 

Moissons
le gris des nuages teinté
de l’or des blés

 

Grâce à son oeil de haijin expérimentée, l’auteure, au détour d’une page, nous offre des images particulièrement réussies :

Grandes marées
la falaise s’échappe
vers le ciel

 

Sirène d’un cargo
un phare la suit
du regard

Anne Brousmiche nous donne à voir ce que nos yeux ont pu voir mais que notre esprit, sans doute encore pressé, n’a su retenir à son attention…

Duvet de mai
la neige des haies
sert de couveuse

 

Feuilles au vent
la grande rhubarbe vole
la fraîcheur du soir

 

Trou dans le grillage
des liserons prennent
la clé des champs

 

Et comment ne pas penser à Bashô lorsque nous lisons celui-ci ?

Mare du village
une libellule en chasse
tous les nuages

… avec un émouvant clin d’oeil au pays sans lequel les haïkus n’existeraient pas :

Par-dessus la haie
le Mont-Saint-Michel salue
le Mont Fuji

De cette Normandie, avec ses haïkus Anne Brousmiche peint certes les paysages et la nature…

Plage de Deauville
coiffée d’une voilette
de brume bleue

…mais elle n’exclut pas les humains :

Retour en été
sur les cheveux des amis
la neige est restée

 

LES AFFICHES DE NORMANDIE n°6266 - 21 décembre 2016

Article de Luis Porquet (extrait)
Un petit air d'extrème orient : Anne Brousmiche publie des iris sur un toit

Originaire du Japon où il se vit comme une philosophie de l'instant, l'art du haïku a aussi ses adeptes en Normandie. Conquise par cette forme d'écriture concise et aérienne, Anne Brousmiche en a fait le support d'une approche poétique du monde. Comme si elle exprimait la voix sans cesse changeante du paysage.

Le regard d'Anne Brousmiche pénètre l'intimité des paysages normands, nous dit Thierry Sajat dans la préface qu'il a écrite pour Des iris sur un toit, petit ouvrage publié par les éditions de l'Aiguille et qui fait suite à Reflets sur la route, édité par la même maison en 2015.
...Obéissant à des contraintes dont Anne Brousmiche s'est quelque peu affranchie (entre autres la fameuse règle des 17 syllabes en trois vers), le haïku exprime l'essence même de l'instant, il est le chant de l'éternelle présence, la substance flottante du temps, l'art du lâcher-prise :

 

La Manche
un petit bras de mer
berce ce vaste monde

ou encore

Vieille tonnelle
le bleu doux de la glycine
résiste à l'orage

Quoi de plus éphémère qu'une fleur visitée par le vent ! Anne Brousmiche a appris à en capter la quintessance, semblable à tout ce qui palpite et s'agite sous le ciel. La vie, offrande sans prix que les forcenés de l'activisme et du PIB jamais ne pourront partager. Il suffit de se laisser bercer par ses ondes bénéfiques. Alors, tout peut advenir, même le miracle, et :

Sur le clocher
le coq se charge tout seul
de chasser l'hiver

 

Une lecture qui fait du bien.

 

BLOG "Plume dedans, plume dehors ".
Blog d'Elisabeth Le Borgne, écrivain et coordinatrice d'un atelier d'écriture à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime.
http://plumededansplumedehors.blog4ever.pro/poemes-et-textes-coups-de-coeur


BLOG "Pour un monde meilleur"
Blog de Thérèse Féron, écrivain et poète, à Caudebec-en-Caux, en Seine-Maritime. Haïkus normands de Anne Brousmiche
http://harmonia.messidor.over-blog.com/2017/02/des-iris-sur-un-toit.html 

Le haïku est une forme poétique d'origine japonaise adoptée dès la fin du XIXe siècle par nombre de poètes occidentaux. Je les considère comme des flashs, des tableaux qui surgissent de l'âme et du cœur...
J'ai choisi, dans le recueil d'Anne : Des iris sur un toit, trois haïkus, dans la catégorie : Le ciel
 

Ciel bleu délavé
les nuages s'effilochent
au fil du vent

 

Ciel nuageux
le vent d'ouest pousse un troupeau
de moutons blancs

Nuage gagnant
au bord du rivage s'arrête
le galop des cheva
ux

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